Union Valdôtaine de Paris

L’Union Valdôtaine de Paris (UVP) est une société mutualiste fondée en 1897 à Paris par des immigrés venus de la Vallée d’Aoste, la région italienne des Alpes. Elle a conservé aujourd’hui l’esprit mutualiste mais n’offre plus de prestations comparables à celles d’une mutuelle active. Elle est cependant toujours membre de la Mutualité française et, à ce titre, est représentée dans différentes instances de cette institution par son président.

C’est le 3 juin 1897 que l’Union Valdôtaine de Paris a vu le jour et fut approuvée par la Préfecture de Police le 29 septembre 1897 sous le n° 1 140 et ensuite par le ministère de l’Intérieur le 7 mai 1903. A l’époque, les Valdôtains de Paris étaient déjà rassemblés sous la forme d’une société d’amusements qui avait pour nom « I Buontemponi », dont les buts consistaient en des sorties champêtres, des bals, des soirées récréatives. Pantaléon Luboz en était le président. Mais tout en s’amusant, ces gens de cœur voyaient la maladie et peu à peu la misère s’installer dans les foyers amis. C’est ce qui fit germer en eux l’idée de la mutualité afin de leurs venir en aide. Une organisation se mit en place. Chaque sociétaire malade, mais surtout devant arrêter son travail, recevait la visite d’un sociétaire qui remplissait un document attestant la situation et aussitôt une contribution lui était allouée. Au cours de la phase d’industrialisation du XIXe siècle, vont se développer les sociétés de secours mutuels et un système d’aide sociale. Les mutuelles, basées sur le volontariat, et l’aide sociale n’ont bénéficié qu’à une frange limitée de la population. Aussi dès le début du XXe siècle, apparaissent des tentatives en faveur de l’assurance obligatoire de certains risques sociaux. Le rôle de l’Union Valdôtaine de Paris a été prépondérant durant plusieurs décennies par l’aide apportée aux foyers de travailleurs valdôtains ou encore en récompensant les enfants lors de l’obtention d’une distinction scolaire. Cette entraide bénéficia aussi aux Valdôtains restés au Pays lors de catastrophes climatiques ainsi qu’aux écoles par la fourniture de livres. Suite aux ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 qui instituèrent le système de sécurité sociale en France et assurèrent la reconnaissance du rôle complémentaire des mutuelles, les membres de l’Union Valdôtaine de Paris, employeurs ou employés, se tournèrent par obligation vers ces nouvelles formules complémentaires à la sécurité sociale sans pour autant quitter l’UVP. Bien que, de ce fait, le rôle de cette dernière se trouva diminué, elle poursuivit des actions à caractère social et, lors de catastrophes naturelles au Pays, elle a maintenu sa tradition de solidarité financière. Modestement, l’UVP alloue encore chaque année une contribution à des organismes comme le Secours Populaire ou les Restos du Cœur. Elle est membre de La Mutualité Française et de la Presse Mutualiste. Enfin, elle perpétue les valeurs que ses aînés ont léguées et qui figure sur son Bulletin trimestriel : mutualisme et régionalisme.

Activités de l’Union Valdôtaine de Paris

Au-delà de sa représentation au sein des instances de la Mutualité Française, l’Union Valdôtaine de Paris organise différentes activités qui attirent un public nombreux. Chaque mois de janvier, avec le soutien des autorités de la région Vallée d’Aoste, elle organise à Paris, un grand spectacle baptisé « Arbre de Noël des Valdôtains de la région parisienne », suivi d’un banquet, manifestation à laquelle participent diverses autorités valdôtaines. Plusieurs soirées festives ou sorties sont également organisées tout au long de l’année. Le président de l’UVP participe en tant que tel aux activités organisées par les autorités valdôtaines, notamment la Rencontre Valdôtaine annuelle qui se déroule chaque mois d’août en Vallée d’Aoste. Il représente également l’UVP dans les manifestations organisées par la Maison du Val d’Aoste de Paris, par d’autres associations issues de l’émigration valdôtaine et par le Foyer Savoyard de Paris. Deux fois par an, l’UVP organise une assemblée générale à Paris et élit annuellement son conseil d’administration et son bureau. Enfin, l’Union Valdôtaine de Paris assure régulièrement la présidence du Comité Fédéral des Sociétés d’Émigrés Valdôtains (Cofesev), le vice-président de l’UVP, Jean-Pierre Martin-Perolino, en étant l’actuel président.

Le Bulletin de l’Union Valdôtaine de Paris

L’Union Valdôtaine de Paris publie depuis 1937 un trimestriel, le « Bulletin de l’Union Valdôtaine de Paris ». Près de 300 numéros ont été édités à ce jour. Composé de 16 pages, celui-ci traite de l’actualité de la Vallée d’Aoste, de son émigration, de la mutualité et propose des analyses et des entretiens exclusifs. Il est adressé gratuitement à toute personne qui en fait la demande. Il est intégralement financé par ses lecteurs-donateurs. Tiré à 1 200 exemplaires, il est lu principalement en France, en Vallée d’Aoste, en Suisse et par des lecteurs du monde entier issus de l’émigration valdôtaine. Véritable lien intrafamilial, intergénérationnel et supranational, également très apprécié par nombre de décideurs politiques, économiques, médias et relais d’opinion en Vallée d’Aoste, son lectorat effectif est estimé à près de 4 000 personnes.

L’Arbre de Noël de l’Union Valdôtaine de Paris

Chaque mois de janvier, avec le soutien des autorités de la région Vallée d’Aoste, est organisé à Paris, un grand spectacle baptisé « Arbre de Noël des Valdôtains de la région parisienne », conjuguant numéros de cirque et chorales valdôtaines, suivi d’un banquet. Un spectacle qui, durant de nombreuses années, alors intégralement préparé par la colonie valdôtaine de la région parisienne, a connu la participation active de centaines d’enfants et d’adultes. À cette manifestation participent régulièrement le président de Région, une délégation représentant les autorités valdôtaines (assesseurs, maires…) et de nombreux spectateurs dont plusieurs dizaines venant de Vallée d’Aoste. C’est un événement majeur pour l’émigration valdôtaine qui est relayé par la presse écrite et la télévision régionales. L’Arbre de Noël compte déjà plus de 100 éditions. Depuis sa création, cette manifestation a sans aucun doute contribué significativement à la connaissance de la Vallée d’Aoste, à son rayonnement et à son essor. On peut estimer à plus de 30 000 le nombre de participants à l’ensemble de ses Arbres de Noël. Un événement qui relie, dans le temps et l’espace, des générations qui se sont nourries de l’histoire de la Vallée d’Aoste, de sa culture et de ses valeurs. L’Arbre de Noël c’est d’abord la fête de la rencontre avec ces Valdôtains que l’on retrouve à chaque édition, amis du Pays ou issus de l’émigration. Les retrouvailles aussi avec les aînés qui, les larmes aux yeux, évoquent les Arbres de Noël de leur enfance, nourries d’anecdotes ou de figures chaleureuses désormais disparues. Des souvenirs nombreux que beaucoup de ceux qui, aujourd’hui, renouvellent le rite en emmenant leurs propres enfants à l’Arbre de Noël, inscrivent dans une perspective d’intégration à la diaspora valdôtaine. L’Arbre de Noël c’est aussi la rencontre des acteurs de la Vallée d’Aoste. Années après années, les autorités, les résidents, les originaires de la Vallée d’Aoste et leurs amis se retrouvent pour célébrer leur port d’attache et pour tisser des relations durables se traduisant souvent par la réalisation concrète de projets qui contribuent au dynamisme de la région : séjours de vacances bien sûr, voire retour définitif au Pays pour certains, mais aussi investissements immobiliers, lancement d’activités économiques… sans compter la participation à la défense des valeurs, de l’identité et des spécificités politiques valdôtaines.

L’abbé Petigat

Originaire de Villeneuve, où il était né en 1885, Auguste-César-Emmanuel Petigat fut un prêtre valdôtain, envoyée à Paris en 1912 par l’évêque d’Aoste, Mgr Tasso, avec la charge d’assister la communauté des émigrés valdôtains, de plus en plus nombreux en France.

Personnage éclectique, doué d’une vaste culture et d’une grande capacité de travail, il développaune série d’initiatives en faveur des émigrés provenant non seulement de la Vallée, mais aussi d’autres régions d’Italie.

Parmi ses réalisations, on peut rappeler :
– Le Secrétariat valdôtain, une association qui servait d’agence d’emploi pour les immigrés et les assistait dans la préparation des documents nécessaires pour l’immigration en France.  
– L’Arbre de Noël, le rendez-vous incontournable pour les Valdôtains de Paris, qui pouvaient se retrouver une fois par an pour un moment de fête.
– L’organisation des colonies d’été pour les fils des émigrés, que l’abbé Petigat conduisait chez leurs proches restés en Vallée d’Aoste, permettant ainsi de ne pas interrompre les relationsentre les familles émigrées et celles demeurant encore dans la région.
– La création d’un hebdomadaire – la Vallée d’Aoste [link a Cordelahttps://cordela.regione.vda.it/PublicationDetails/190] – qui, après l’interruption causée par la Deuxième guerre mondiale, devint pendant soixante ans le véritable lien [link a Cordelahttps://cordela.regione.vda.it/PublicationDetails/224] pour les Valdôtains éparpillés dans le monde.

L’abbé Petigat fut avant tout un journaliste, mais aussi un écrivain doué, auteur d’un roman autobiographique, de poèmes et d’œuvres de théologie. Son rôle dans la défense du particularisme valdôtain est certain, mais plusieurs aspects de son action sur le plan politique restent encore à éclaircir.

Membres et sympathisants célèbres de l’Union Valdôtaine de Paris

•    Marcel Bich, industriel, producteur du stylo et du rasoir Bic.
•    Denise Grey (Verthuy), comédienne, sociétaire de la Comédie française.
•    Parfait Jans, député-maire de Levallois-Perret.
•    Tino Rolando, champion de boxe.
•    Georges Valbon, député-maire de Bobigny, président du Conseil général de Seine-Saint-Denis et président des Charbonnages de France.

Elle a déjà organisé plus de cent Arbres de Noël et publié près de 300 numéros de son trimestriel.

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