Raymond Vautherin
Raymond Vautherin nous a quitté le 11 février dernier, mais son exemple et son enseignement moral sont toujours bien présents pour le Comité des Traditions Valdôtains, qui ne peut certainement pas oublier sa figure de Valdôtain en même temps fier et jaloux de ses racines, mais curieux et ouvert vers l’avenir comme seulement les personnes vraiment intelligentes savent l’être. Il est donc avec un sentiment de gratitude et de reconnaissance que j’écris ces lignes au nom du Conseil de direction du Comité, pour présenter un numéro spécial du Flambeau, entièrement dédié à la vie et à l’œuvre de Raymond … Raymond ne fut pas seulement un bon père de famille et un écrivain doué, mais aussi un animateur culturel infatigable, un administrateur consciencieux, un intellectuel aux idées novatrices, unissant le sens pratique aux réflexions théoriques inspirées par des vastes lectures. Combien de fois il racontait des premières initiatives organisées en faveur des vignerons, pour leur apprendre les nouvelles techniques de cultivation et de production ! Combien de fois il parlait des débuts du Ski Club Drink d’Aymavilles ou de la création du Club Valdôtain à Aoste ! Combien de fois ils nous a surpris rappelant d’avoir connu tel ou tel autre écrivain ou professeur d’Italie, France, Belgique, à l’occasion de conférences ou recherches d’importance internationale ! Chaque entretien avec lui était une immersion totale dans l’histoire de la Vallée d’Aoste du XXe siècle, mais aussi l’occasion d’écouter des anecdotes rares que la verve du narrateur rendait encore plus savoureuses. En même temps, je dois avouer une certaine difficulté dans la rédaction de cette page. Avant tout, il y a la conscience de la perte subie : Raymond était un point de repère fondamental pour le Comité tout entier et un directeur du Flambeau exigeant, mais extrêmement compétent et attentif. Son absence marque donc un tournant majeur dans l’histoire du CTV. Ses conseils, ses suggestions, ses reproches restent – il est certain – un patrimoine dans lequel puiser pour continuer la publication de la revue et maintenir notre association fidèle aux principes et aux finalités que les pères fondateurs lui ont donnés, mais il faut reconnaitre qu’un pareil héritage n’est pas facile à assumer. Comme toute personne venant après une figure exceptionnelle, je ressens l’énorme responsabilité de maintenir la revue à la hauteur de sa production, à partir de ce numéro qui veut contribuer, lui aussi, à défendre et promouvoir la culture valdôtaine traditionnelle, une tâche qui paraît plus difficile dans la Vallée d’Aoste d’aujourd’hui qu’en celle de 1948. Raymond nous vient au secours dans ce cas aussi : tout en maintenant une lucidité et une attitude concrète, il a toujours su regarder au-delà des difficultés et viser continuellement aux idéaux qui doivent soutenir tous ceux qui aiment la Vallée d’Aoste. L’ampleur des thèmes touchés par sa production littéraire et les nombreuses initiatives culturelles, sportives ou liées au monde agricole qu’il anima témoignent d’une volonté solidement ancrée dans la terre qui le vit naitre et, en même temps, ferme dans l’espérance d’un avenir meilleur. Je souhaite clone que les pages qui suivent puissent aider chaque lecteur et chaque lectrice à poursuivre avec une égale intensité de sentiments et solidité d’idéaux le chemin que Raymond Vautherin sut nous indiquer par son engagement, un exemple dont la Vallée d’Aoste lui sera éternellement redevable.
